Bug a participé à une rencontre de l’équipe de la Cantine – celle de Paris, portée par l’association Silicon Sentier. Nous y étions avec d’autres partenaires impliqués dans le montage de la future Cantine numérique rennaise aux Champs Libres, dont la future directrice.
Pour ceux qui ne connaissent le lieu que de nom ou de réputation, la Cantine est installée dans un passage typique du centre de Paris, avec les petits restaurants, quelques boutiques et des pigeons… C’est un espace de co-working qui accueille de nombreux évènements par et pour les communautés du numérique. Sur le grand tableau noir à l’entrée du lieu, on trouve encore le programme du dernier VinoCamp, rassemblement dédié – comme son nom l’indique – au domaine du vin. On peut y voir le contenu des sessions proposés par les participants : création d’une carte géolocalisée des exploitations vinicoles, open data et vin (?!), l’utilisation du marketing viral pour la promotion et même un échange en live avec un expert des médiaux sociaux californien.
Marie-Vorgan, la déléguée générale de Silicon Sentier, nous a présenté les projets de l’association dont la Cantine. Nous avons pu échanger aussi sur les différences entre leurs réalisations et le projet de lieu que nous portons à Rennes. Etonnement pour moi : Bug et Silicon Sentier ont des modes de gouvernance et de financement qui sont relativement proches même s’il est clair que nos champs d’interventions sont assez différents – l’approche entrepreneuriale des fondateurs de Silicon Sentier se traduit bien dans leurs projets.
Elle nous a fait remarquer qu’il y avait à Rennes une dimension publique qu’elle jugeait forte. Remarque intéressante et qui nous a bien sûr interpellé !
Alors, Rennes ville de fonctionnaires plutôt que d’entrepreneurs ? Il y a en Bretagne un poids plus important du secteur de l’économie sociale et solidaire que sur l’ensemble du territoire national – voir à ce sujet les analyses de Jean Ollivro. On trouve à la Cantine de Paris des modes de travail et d’émergence de projets qui sont vraiment intéressants « où un rôle important est offert à la fortuité (sérendipité) ». De l’innovation ascendante, de l’open qui ne dit pas son nom mais qui fait les choses. C’est un peu ce que nous pratiquons chez Bug mais avec une dimension publique forte… et décomplexée;-)
Les conférences de Lift et les projets présentés dans le cadre de Lift Experience (dont le Jardin des Savoirs) interrogent une nouvelle fois le rapport entre l’innovation sociale et le numérique. Comme le faisait remarquer notre ami Anthony dans le train du retour de Marseille, cette année personne n’a prononcé la formule magique 2.0.
Il a été beaucoup question d’ouverture, de l’open data à l’open innovation en passant par l’open éducation… Pourtant il y avait à mon sens une notion importante et novatrice dans ce concept passé de mode du 2.0 : le passage d’un processus d’innovation centralisée aux mains de quelques experts vers une innovation par et pour les usagers. Le passage d’un modèle centralisé à une décentralisation P2P massive. Bref, c’est une nouvelle fois de participation qu’il s’agit. J’avoue avoir été un peu dérouté par plusieurs projets qui nous ont été présentés : de l’open data aux FabLabs, ce que je vois c’est, au-delà de l’intérêt des démarches, des projets qui sont loin d’être accessibles au plus grand nombre.
Utiliser les données ouvertes de Rennes, par exemple, demande une compétence certaine. Si nul n’est censé ignorer la loi, je pense pour ma part qu’on a le droit d’ignorer le fonctionnement des API ! Hugues l’a d’ailleurs mentionné dans son intervention : il faut certes ouvrir des données, il faut aussi sûrement proposer des outils simples pour que chacun d’entre nous s’en empare.
Je retiens des FabLabs la démarche de découverte et d’apprentissage, pas véritablement la finalité de production d’objets – à ce titre, on voyait bien que les trois intervenants qui se sont succédés pour parler du sujet ont chacun commencé par re-définir le concept de FabLab, plutôt que de raconter concrètement ce qui s’y passait. J’ai aussi entendu l’écho d’un participant qui faisait remarquer que le DIY, la bidouille, la pédagogie par le faire sont depuis bien longtemps maintenant pratiqués par les Petits Débrouillards.
Ce qui me dérange c’est donc un certain retour de la figure de l’expert, même si cette fois-ci l’expert n’est pas rémunéré pour son expertise et porte un t-shirt funky. On est encore loin de l’idéal d’une appropriation des usages par tous.
Le thème de cette édition c’était le Dot Real et on a bien vu effectivement beaucoup de choses autour de l’inscription du web et de l’Internet dans le monde réel (réalité augmentée notamment). Ce que Lift n’a pas encore traité c’est une approche Dot Life, où l’on verrait des choses qui sont vraiment capables de changer la vie. Le toujours excellent Dico du Futur proposait une nouvelle définition à l’occasion de Lift : « FantasmLaber : considérer que prendre cinq heures pour fabriquer une cochonnerie en plastique va changer le monde ». C’est très méchant, c’est très drôle. C’est malheureusement très vrai.
Edit du 20/07/2010 : je viens de me rendre compte que mon titre « Des données et des hommes » n’était qu’un affreux plagiat d’une rubrique du site d’ouverture des données du Vélo Star. Merci à eux pour cette bonne source d’inspiration…
Pierre Tran a filmé en intégralité (en en bonne qualité) l’intervention de Hugues Aubin lors de Lift Expérience à Marseille.
La voici pour vos yeux ébahis :
Lift Experience se tenait à Marseille en ce début d’été 2010, organisé par Lift et la Fing, sur le thème : dot.real, changer le monde (réel) par le Web ! Parmi les grandes thématiques traitées : l’ouverture des données publiques a pris une large place.
Sam Pitroda lance la journée en tant que Keynote Speaker (terme super top trendy pour désigner la personne introduisant la conférence). Le conseiller au Premier ministre indien en matière d’infrastructure publique de l’information et innovation rappelle d’abord l’importance de ses deux missions : de l’infrastructure publique dépend l’innovation. Le secteur à privilégier selon lui est celui de la Frugal innovation : « Les meilleurs cerveaux servent à régler les problèmes des plus riches… qui n’en ont pas…« La technologie doit se tourner aujourd’hui vers plus démunis, pour favoriser la création d’emplois de services. Avec Internet, Sam Pitroda ajoute que la sortie des plus pauvres de leur condition ne doit plus être seulement une visée romantique, l’outil web est l’outil qui permettra cela.
Dans le train pour se rendre à Marseille, c’est l’occasion de faire un premier bilan de notre passage à Brest au Forum des Usages Coopératifs (la version finistérienne des Etes Tic de Bretagne).
Bug était présent en force, Régis a animé une session sur La Ruche, Richard a présenté le Jardin des Savoirs avec Norbert de Rennes Métropole. Pour ma part, j’ai présenté une synthèse personnelle sur un sujet qui me tient à cœur, la place du participatif et des usagers dans les transports. Lire la suite de cet article »
Dès qu’il s’agit de graphisme, on a tous un avis.
Chacun se dit spécialiste, le beau est une notion universelle, le bon goût n’est pas seulement l’apanage des spécialistes autoproclamés.
Il paraît…
Avant le lancement, et pour répondre aux attentes des utilisateurs, nous vous soumettons un questionnaire réalisé en collaboration avec la plate-forme Loustic (Laboratoire d’observation des usages des technologies de l’information et de la communication).
Nous souhaitons recueillir votre avis, évaluer votre perception sur ses fonctionnalités, ainsi que vos suggestions.
Bien sûr, Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse à cette enquête, l’idée est de répondre de la manière la plus honnête possible. Les données recueillies seront ensuite étudiée ensuite par Loustic – sous forme anonyme -, les conclusions permettront d’améliorer encre le service aux abeilles de La Ruche.
L’agenda de La Ruche est accessible en réalité augmentée avec l’application Layar, disponible sur Iphone et sur smartphone équipés du système d’exploitation Android.
En utilisant votre téléphone comme une caméra, vous pouvez visualiser les événements programmés autour de vous, avoir toutes les infos, puis obtenir l’itinéraire pour vous y rendre.
La marche à suivre ?
- Télécharger l’application Layar,
- lancer l’application,
- aller dans l’onglet « locaux »,
- ouvrir La Ruche.
- C’est parti !
À Bug, on se fout un peu du football. Nous sommes par contre très flattés que le son de la Ruche ait été choisi comme bande originale de la Coupe du Monde. En bons militants du partage, des licences Creative Commons et de l’ouverture des données, nous n’attaquerons personne pour plagiat ou utilisation abusive. La FIFA n’a donc rien à craindre.
À l’initiative de Sarah Boulanger, animatrice multimédia de la Maison des square, le projet de carte subjective Rennaise a vu le jour. L’agence Grrr et La Glacière étaient en résidence pendant les vacances d’avril pour créer une carte de Rennes, vue par les enfants.
Avec un groupe de jeunes entre 9 et 12 ans, ils ont visité la ville, pour la redessiner, s’affranchissant de toutes contraintes. Une vraie carte a été imprimée, visible en ligne et disponible dans divers points de vente de la ville.
Elle est également exposée en grand format au Centre social Ty Blosne et à la Maison des squares, du 9 juin au 9 juillet 2010.