[Lift Experience] Des données et des hommes

Les conférences de Lift et les projets présentés dans le cadre de Lift Experience (dont le Jardin des Savoirs) interrogent une nouvelle fois le rapport entre l’innovation sociale et le numérique. Comme le faisait remarquer notre ami Anthony dans le train du retour de Marseille, cette année personne n’a prononcé la formule magique 2.0.

DSC_0005

Il a été beaucoup question d’ouverture, de l’open data à l’open innovation en passant par l’open éducation… Pourtant il y avait à mon sens une notion importante et novatrice dans ce concept passé de mode du 2.0 : le passage d’un processus d’innovation centralisée aux mains de quelques experts vers une innovation par et pour les usagers. Le passage d’un modèle centralisé à une décentralisation P2P massive. Bref, c’est une nouvelle fois de participation qu’il s’agit. J’avoue avoir été un peu dérouté par plusieurs projets qui nous ont été présentés : de l’open data aux FabLabs, ce que je vois c’est, au-delà de l’intérêt des démarches, des projets qui sont loin d’être accessibles au plus grand nombre.

Utiliser les données ouvertes de Rennes, par exemple, demande une compétence certaine. Si nul n’est censé ignorer la loi, je pense pour ma part qu’on a le droit d’ignorer le fonctionnement des API ! Hugues l’a d’ailleurs mentionné dans son intervention : il faut certes ouvrir des données, il faut aussi sûrement proposer des outils simples pour que chacun d’entre nous s’en empare.

Je retiens des FabLabs la démarche de découverte et d’apprentissage, pas véritablement la finalité de production d’objets – à ce titre, on voyait bien que les trois intervenants qui se sont succédés pour parler du sujet ont chacun commencé par re-définir le concept de FabLab, plutôt que de raconter concrètement ce qui s’y passait. J’ai aussi entendu l’écho d’un participant qui faisait remarquer que le DIY, la bidouille, la pédagogie par le faire sont depuis bien longtemps maintenant pratiqués par les Petits Débrouillards.

Ce qui me dérange c’est donc un certain retour de la figure de l’expert, même si cette fois-ci l’expert n’est pas rémunéré pour son expertise et porte un t-shirt funky. On est encore loin de l’idéal d’une appropriation des usages par tous.

Le thème de cette édition c’était le Dot Real et on a bien vu effectivement beaucoup de choses autour de l’inscription du web et de l’Internet dans le monde réel (réalité augmentée notamment). Ce que Lift n’a pas encore traité c’est une approche Dot Life, où l’on verrait des choses qui sont vraiment capables de changer la vie. Le toujours excellent Dico du Futur proposait une nouvelle définition à l’occasion de Lift : « FantasmLaber : considérer que prendre cinq heures pour fabriquer une cochonnerie en plastique va changer le monde ». C’est très méchant, c’est très drôle. C’est malheureusement très vrai.

Edit du 20/07/2010 : je viens de me rendre compte que mon titre « Des données et des hommes » n’était qu’un affreux plagiat d’une rubrique du site d’ouverture des données du Vélo Star. Merci à eux pour cette bonne source d’inspiration…

Une Réponse pour “[Lift Experience] Des données et des hommes”

  1. Tonio écrit :

    et on sent, à la lecture de ce post, que les soi-disant « experts » n’ont pas fini d’expliquer ce qu’est un Fablab… Bon courage à eux.
    tdlc

Laisser un Commentaire