ApéRuche : vie privée/vie publique : Facebook n’est pas (toujours) ton ami

L’ApéRuche du mardi 16 février a rassemblé une dizaine de personnes au bar La Cour des miracles, à Rennes.

Après une introduction sur le réseau social Facebook, ses règles de confidentialités fluctuantes, et le moyen de les contrôler, les personnes présentes échangent sur l’e-réputation, le droit à l’oubli, l’hétéronymie, le contrôle du web.

Les discussions permettent de soulever plusieurs questions liées à Internet. Alors que Google semble avoir une mémoire permanente, un participant propose un « système d’effacement automatique des données après dix ans de stockage », non sans rappeler que l’hébergement des sites est consommateur d’énergie (on ne pourra stocker à l’infini).

L’effacement des données existe, il est proposé et facturé par des sociétés spécialisées aux entreprises qui souhaitent modifier leur image. Si cela est techniquement possible, pourquoi ne pas proposer un service public de « droit à l’oubli » ?
Ce droit à l’oubli, notion aujourd’hui plébiscitée par beaucoup ne va pourtant pas de soi, pourquoi effacer ? Ne va t-on pas supprimer des informations qui s’avèreraient utiles par la suite. Un vrai débat, une question d’ordre presque philosophique. Tous s’accordent en revanche sur le droit à l’hétéronymie, la possibilité pour chacun d’utiliser plusieurs identités numériques, en fonction de ses interlocuteurs et du cercle, public/privé, professionnel ou non auquel on s’adresse.

La discussion s’étend aux questions de « sécurité », la tentation de contrôle de l’Internet par les États. Alors que la Loppsi est à l’ordre du jour du parlement en ce mardi 16 février 2010, on se rend compte très vite que les questions de surveillance, de « protection » des individus justifient le contrôle des ordinateurs personnels. La lutte contre la pédophilie s’avère être le petit bout de la lorgnette qui sert à justifier le contrôle du Web, alors même que l’on sait que les mesures proposées ne règleront pas les problèmes qu’elles sont censées régler.

L’opposition entre la « génération des parents » et la « génération des transparents » (également appelée la génération Y ou digital natives) se situe aujourd’hui sur le plan de la vie privée et de l’exposition de soi. Entre des personnes lors de la période du Mac Carthysme et une génération née sous le feu des caméras (de leurs parents principalement), la notion de vie privée a largement évolué. Tous dans la salle ne sont pas d’accord sur la définition du privé. Nous nous accordons pourtant sur le fait qu’aucun d’entre nous n’est un digital native (moins de 25 ans), nous inviterons des adolescents lors d’une prochaine rencontre pour en débattre.

De Facebook à la Loppsi, les sujets sont nombreux, Internet est souvent maltraité (mal traité) par les médias, cet ApéRuche aura été l’occasion d’en discuter sans préjugé. Un ApéRuche qui en appelle d’autres : rendez-vous le mardi 30 mars à La Vie Enchantiée, sur le thème de L’information en ligne.

A lire sur le web :
- Comment supprimer complètement son compte Facebook (Apprendre Facebook)
- Les internautes sont la nouvelle chienlit (Jean-March Manach – InternetActu)
- Internet : le point de vue des « petits cons » (Jean-March Manach – InternetActu)
- La valeur sociale de la vie privée (Hubert Guillaud – InternetActu)
- Les pédophiles eux aussi sont pour la Loppsi (ReadWriteWeb)

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