Formation, emploi et Internet

Visuel Jardin des savoirs


L’association Bug et Rennes Métropole organisaient une rencontre «  Formation, emploi et Internet » le mardi 19 avril 2011, à l’occasion du lancement officiel du Jardin des savoirs. De 10h à 21h, quinze intervenants ont été invités à venir partager leurs expériences innovantes ou singulières autour de la formation et de l’emploi.

Institutionnels, privés, entreprises, associations, chercheurs, blogueurs, consultants, recruteurs, la diversité des acteurs présents a permis aux quelques 100 personnes qui, à un moment ou à un autre, ont assisté aux échanges de parcourir les thèmes, problématiques et enjeux qui ont amené à la création du Jardin des savoirs.

Formation

Sur la formation, Xavier Coiffard présente sa démarche autour du Serious Game et d’une salle de formation virtuelle qu’il a modélisé dans Second Life.
Aujourd’hui, des prothésistes dentaires ont accès à une salle de formation virtuelle, pour organiser des réunions, partager et créer des documents, visionner des modules de formation en vidéo… depuis leur cabinet, tout en poursuivant leur travail. Public non geek, les prothésistes dentaires de l’association à l’Ouest des dents en ont compris l’intérêt : en évitant les déplacements, ils peuvent poursuivre leur activité sans altérer leur chiffre d’affaire.

Xavier Coiffard précise que l’avantage de Second Life est le faible coût de l’installation par rapport à une installation de visioconférence, utilisable ensuite gratuitement. Un système équivalent créé ex-nihilo pour des médecins a coûté entre 2 et 3 millions d’euros. Dans un secteur différent, mais avec le même esprit, Régis Harel, de Eco Habitat Bretagne a choisi de créer un profil sur le Jardin des savoirs pour son association, reprenant ses compétences et savoir-faire comme pour un particulier. C’est le premier exemple de structure prenant en main le Jardin des savoirs. À l’avenir, Régis Harel souhaiterait « une géolocalisation des savoir-faire, pour organiser des échanges, mettre en place une forme d’économie parallèle », un lien direct avec la Ruche pourra permettre cette fonctionnalité à l’avenir.

Toujours dans la formation, Guy Désaguillier présente le Visa Internet Bretagne. Avec ce dispositif, les bretons bénéficient d’un bon formation d’une valeur de 100 € pour apprendre les bases de l’usage de l’ordinateur. Le portail Skodenpropose également une cinquantaine de liens vers des modules de formation gratuite en ligne, depuis « j’apprends l’Internet » à « j’apprends à skier ».

Emploi

La journée était l’occasion de découvrir des acteurs locaux de l’emploi et l’insertion. Patrice Le Ber, de la Fondation Face présente l’association créée par Martine Aubry, présidée aujourd’hui par Gérard Mesrallet. Face intervient dans le champ de l’insertion et de l’emploi à destination des publics discriminés. L’association rennaise a choisi de développer son activité en direction des public issus des « quartiers ». Patrice Le Ber précise que Face travaille directement avec près de 80 entreprises locales. Sa particularité est d’avoir une pratique « intrusive dans le management de l’entreprise » : « une rupture se fait à deux, il faut donc travailler avec les deux parties ». L’association prospecte directement les entreprises, comme « opérateur privé de Pôle Emploi », afin d’obtenir des entretiens pour des jeunes diplômés qui n’auraient pas facilement passé certains barrages, dû à leur origine ethnique ou leur lieu d’habitation. « Nous avons choisi l’option d’engager des « grands frères », diplômés, de les former et de nous appuyer sur leur réseau de connaissance dans le quartier ». Un choix assumé : « l’idée est que les salariés de Face soient armés en expérience et formation pour partir ensuite vers d’autres entreprise » .

Patrice Le Ber qui avoue ne pas être un grand utilisateur d’Internet, mais confie que les jeunes qu’il rencontre « ne font pas confiance aux sites emploi », qu’ils ont notamment une « grande méfiance dès lors qu’il faut postuler directement sur le site d’une entreprise », dans la mesure où ces sites ne donnent jamais aucune réponse, même négative.

Les sites d’emploi en général pose question, Mickaël Le Mentec, dans son intervention sur les EPN en Bretagne relate le manque d’intérêt qu’ont les chercheurs d’emploi à aller dans les agences Pôles emploi depuis la dématérialisation des offres. Ils trouvent dans les EPN des espaces plus ouverts, où ils peuvent demander conseil et être accompagné. Thierry Raffin, venu présenter le site de Pôle Emploi et ses quelques trois millions de visiteurs mensuels estime pour sa part que le travail d’accompagnement sur l’outil informatique n’est pas celui de l’Anpe, alors que celui de l’accompagnement à l’écriture du CV n’est pas le travail des animateurs multimédias. Le débat de l’oeuf et la poule, avec au final des animateurs multimédias qui endossent des missions beaucoup plus larges que celles qui sont les leurs, ne renonçant pas à l’accompagnement physique « irl »(dans la vie réelle) des publics face à l’ordinateur ; là où le Pôle Emploi a en partie abandonné, laissant l’accompagnement à la charge de tutoriels en ligne. Un vrai débat et une interrogation qu’il convient de se poser et d’y revenir éventuellement lors d’un prochain rendez-vous.

Réseaux sociaux

Trois intervenants présentaient le rôle des réseaux sociaux dans la recherche d’emploi, Antoine Dupin se penche sur la notion de réseaux sociaux verticaux, ou en sillo : des réseaux à l’intérieur du grand réseau. Là où des sites comme Linkedin ou Viadeo sont généralistes, il existe une multitude de micro-réseaux de niche, où les chercheurs d’emploi auront parfois plus de chance de trouver des opportunités qu’en restant sur des sites généralistes. Anne-Laure Raffestin, Community Manager chez Régions Job évoque la tension qui existe sur les réseaux sociaux, les recruteurs cherchent et peinent à trouver des commerciaux, alors même que la catégorie des commerciaux est très peu présente sur les réseaux sociaux. Elle insiste sur l’importance de la création de contenu pour les personnes qui recherchent un emploi sur le web, ce sont ces contenus plus que la simple présence qui permettent de se faire remarquer. La Community Manager rappelle que les anciennes techniques restent les plus efficaces, que les seuls réseaux sociaux ne sont pas suffisant, la candidature spontanée et le dépôt de CV sur les CV-thèques sont toujours des options à ne pas négliger.

Dans tous les cas, la pratique des réseaux sociaux dans un cadre professionnel n’est pas magique, elle doit durer dans le temps : Antoine Dupin rappelle « la nécessité de sortir de ses limites (même en ligne) pour créer des nouveaux réseaux »,  Lionel Myszka insiste sur l’importance du plaisir dans la pratique des réseaux sociaux et surtout des blogs. Tenir un blog est un travail de longue haleine, autant y trouver du plaisir, ne pas penser que l’on n’a rien à dire sur son secteur d’activité.

Trouver une formation et un emploi n’empêchent pas le besoin d’un accompagnent tout au long de la vie professionnelle. C’est ce que propose l’agence tandem RH, qui intervient dans le champ de la prévention en entreprise. Tandem RH met en place des entretiens de suivi du salarié, pour lui permettre de passer toutes les étapes de la vie professionnelle plus facilement, anticiper les changements, choisir les bonnes formations… Une formule qui a pour objet d’éviter les situations de crises, et les désagréments qu’elles causent tant pour l’employé que pour l’entreprise.  Résolution RH en revanche met en oeuvre pour les entreprises des démarches « préventives » d’accompagnement des salariés dans leur vie professionnelle, formation, évolution de carrière. Cette fonction de conseil externe à l’entreprise d’origine du salarié permet à celui-ci de pourvoir de projeter sans risque au sein de sa structure et de conserver motivation et conscience.

L’exploratoire, équipement récemment lancé par la MEIF (maison de l’emploi et de la formation de Rennes Métropole), permet d’accueillir des événements animés par des professionnels consacrés aux métiers de la croissance verte, secteur en devenir. Des contenus multimédias exploités sur des dispositifs tactiles ont en outre pour mission d’expliquer à des scolaires, demandeurs d’emploi, les démarches, formations et qualités nécessaires pour aborder ces nouvelles professions.

Cette rencontre fut très riche, cet article ne révèle que très partiellement les échanges qui se sont tenus à la Cantine numérique rennaise. Ouverte et non cloisonnée, chaque démarche était prise en compte, permettant les croisements et les rencontres.
C’est cet objectif qui gouverne le Jardin des savoirs : un outil individuel créateur d’échanges sur le territoire de Rennes Métropole.

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